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Je n’ai rien à cacher

Rien à cacher)

On l’entend souvent:

Je m’en fous d’accepter les cookies, je n’ai rien à cacher
Qu’ils analysent mes mails ça ne me dérange pas, je ne dis rien de compromettant
On est en démocratie, j’ai bien le droit de donner mon avis sur les réseaux sociaux
les CGU je m’en fous même si je préférerais qu’on me dise ce qui a changé

Où est-on pisté ?

Durant toutes nos activités quotidiennes on est suivi; c’est le modèle économique qui est appliqué pour nous proposer la gratuité. Mais …
Si c’est gratuit c’est toi le produit
Nos mails sont analysés pour nous proposer des publicités ciblées (pas que les titres, le contenu aussi).
Nos achats en ligne sont parfois vendus pour nous envoyer des publications orientées. Nos transactions bancaires sont tracées, que ce soit la date, le lieu, le type de commerce, nos récurrences et notre solde. Les banques peuvent aussi nous proposer des placements bancaires ou des facilités de paiement (quand elles ne revendent pas ces données).
Sur tous les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, TikTok…), on est profilé, ciblé, pour que des contenus qui semblent nous être appropriées nous soient mis en avant.
Et sur ceux qui sont en débat d’idées (Twitter, Threads, Bluesky) on cerne nos opinions pour nous proposer des sujets dans nos centres d’intérêts.

On est pisté oui, mais comment ?

Quand on accepte les cookies, il suffit de regarder le détail des autorisations que vous donnez. Il y a bien une utilité pour les statistiques du site mais les données sont aussi revendues à des sociétés tierces qui ne sont pas toutes recommandables. Mais le problème est que parfois on ne peut pas refuser les cookies, on nous oblige à nous abonner.
L’inscription sur un site marchand nos expose en cas de piratage du site. Des affaires récentes (Free par exemple) ont permis des cyber-attaques en se faisant passer pour quelqu’un d’autre, soit par démarchage (mail ou téléphone), soit par tentative d’usurpation d’identité.
Sur les réseaux sociaux le profilage capte notre attention en nous proposant des publications qui sont dans nos centres d’intérêts. Ainsi le défilement peut paraître infini car alimenté au fur et à mesure de nos lectures.

Le risque

Je n’ai rien à cacher… Mais d’autres ont un gros intérêt à vous “profiler”…
Déjà assaillis par les publicités et publications, des dérives récentes nous font apercevoir les risques si nos habitudes étaient entre des mains encore plus malveillantes:
* Aujourd’hui, pour rentrer aux USA, il faut fournir sur demande ses comptes de réseaux sociaux. Ainsi, si une publication ne plaît pas aux autorités, l’entrée dans le pays est interdit et aucun dédommagement ne peut être demandé
* les recherches dangereuses sont incitées (TikTok) et les publications à polémique mises en avant (Facebook); ainsi on entre dans un engrenage de surenchère
* les messageries dites cryptées ne le sont pas toujours entièrement. Il est souvent possible pour l’éditeur de savoir quand vous avez posté et vers qui. De plus les autorités demandent de plus en plus souvent que des portes d’accès (backdoor) soient accessibles pour déchiffrer vos publications
* Les autorités peuvent nous obliger à déverrouiller nos téléphones pour analyser nos activités

Les dérives

Je cite ici de dérives avérées qui forment un mauvais présage de ce qui nous pend au nez:
* Les autorités américaines peuvent refouler à l’entrée du territoire américain de personnes qui auraient critiqué le pouvoir américain. Et des durcissements de contrôles sont envisagés. À quand une adhésion obligatoire aux règles de bien-pensance du pays visité ? N’oublions pas non plus que certains étrangers sont bannis du territoire américain par leur seule nationalité que les autorités américaines traitent de sous-nationalié.
* La police de l’immigration américaine ICE brutalise et tue sans contrôle. Mais, en plus, elle veut assurer la sécurité de la délégation américaine pour les prochains jeux olympiques d’hiver. Donc une milice au service de la sécurité privée. Où va-t-on ?
* À vouloir réglementer et réguler les réseaux sociaux, des députés et représentants européens sont interdits de visa américain. Donc la loi américaine prévaut à celle des autres pays ? * Les clés de cryptage qui devaient nous protéger des regards inquisiteurs sont aujourd’hui livrées aux autorités sur simple injonction. Donc demain la moindre administration pourrait avoir accès à toutes vos données sur simple demande. Toujours rien à cacher ?
* l’IA pille les droits d’auteurs pour nous faire miroiter une base de connaissance illimitée. Mais n’est-ce pas à l’encontre de notre liberté de pensée, de recherche, d’étude si nous n’avons plus qu’une source de connaissance ?
* La vidéosurveillance est censée nous protéger. Mais quid du détournement de leur utilisation si une autorité mal intentionnée veut sélectionner/contrôler les manifestants au régime, les activités de des opposants et les habitudes de leurs concitoyens ? L’iran est un exemple aujourd’hui mais à qui le prochain tour ?

Donc non non et non. J’ai tout à cacher pour éviter qu’on s’introduise dans mon intimité, qu’on restreigne mes libertés, qu’on veuille façonner mes opinions.

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